• Zoom sur : Gwenaële Robert, auteure de Tu seras ma beauté

    Zoom sur : Gwenaële Robert, auteure de Tu seras ma beauté

    Photo récupérée sur le profil de Gwenaële Robert sur Babelio

     

    Merci à Gwenaële Robert d'avoir partagé avec moi ce moment d'échange. 

    Après avoir pu plonger dans la vie d'Irène (personnage principal de son roman), j'étais curieuse et excitée d'en savoir un peu plus sur celle qui lui a donné vie, et sur ce petit bijou, car comme vous le savez, j'ai vraiment été touchée par cette oeuvre. 

    (Interview faite par mail)

    Alors pour commencer, pouvez-vous vous présenter? 

    Au dos du roman il est écrit que je suis professeur de français, que je vis à St Malo et que Tu seras ma beauté est mon premier roman.
    C’est vrai. Je pourrais ajouter que j’ai toujours écrit et que j’ai commencé par publier des romans pour la jeunesse avant de me lancer dans mon premier roman de littérature générale.
    Et puis que j’ai quarante ans, quatre filles, un mari et une passion pour la littérature française. 

    Quand et comment vous est venue l'idée de ce roman?  Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre?

    L’idée de ce roman est née pendant mes cours de français, tandis que je faisais étudier à mes élèves Cyrano de Bergerac.
    Je leur montrais le film de Rappeneau, magnifique. Ils adhéraient, ils étaient émus par le personnage, eux qui avaient grandi avec la communication électronique, internet, les réseaux, eux pour qui la correspondance épistolaire appartenait à un temps définitivement révolu. Et je me disais : est-ce qu’il est encore imaginable, aujourd’hui, de tomber amoureux à travers des lettres, pour une écriture, des mots, une langue ? C’est là que l’idée d’Irène est née, puis Mermoz et l’histoire de cette séduction épistolaire. On a acquis grâce aux moyens de communication modernes la rapidité, l’immédiateté, l’instantanéité. Mais peut-être que l’on a perdu, sur le bord de la route, quelque chose qui nous manque parfois, dont on a une nostalgie vague, un peu confuse mais réelle : la lenteur, la délicatesse, la beauté, une certaine grâce… Ce qui me surprend –et me ravit- c’est que beaucoup de lectrices et de lecteurs se retrouvent dans ce manque-là.

    Ensuite, je voulais écrire un roman qui serait aussi un hommage à la littérature, aux livres qui font vivre. Je voulais montrer comment la lecture modifie le rapport à la réalité, comment les événements, les sentiments sont perçus à travers le prisme de ses lectures. Au fond, Irène représente le type de la lectrice. Je pense que c’est pour cela que beaucoup se retrouvent en elle.

    Irène est professeure de français et j'ai lu sur le site Robert Laffont que vous étiez professeur de lettres, y a t-il un peu de vous dans Irène? 

    Tu seras ma beauté n’est pas un roman autobiographique du tout ! Mais bien sûr, certaines scènes sont inspirées de ce que j’ai connu quand j’enseignais en lycée : le conseil de classe, la réunion parents/prof, la visite de la bibliothèque… J’aimais beaucoup mes élèves, moins le cadre de l’Education Nationale, les instructions officielles parfois aberrantes etc... Il y a aussi cette indifférence progressive pour l’étude du français, une matière qui n’a cessé de perdre du terrain. J’ai essayé d’évoquer un peu cette impression d’enseigner une matière ringarde, dépassée, alors que la littérature est si vivante, si intemporelle. C’est elle donne aux élèves toutes les clés de leur avenir, toutes ! Les cours de littérature sont, au sens propre du terme, des cours de « savoir-vivre » car, vraiment, les grandes œuvres nous apprennent à vivre.

    Et je peux poser la même question par rapport à Mermoz, puisque finalement, vous êtes aussi auteure. Y a t-il un peu de vous dans le personnage de Mermoz?

    Mermoz est un personnage un peu mystérieux… Au fond, on sait très peu de choses de lui, hormis ce qu’Irène en suppose. Je voulais que ce personnage masculin traverse le livre comme une ombre, avec la discrétion d’un fantôme écossais.

    Que représente l'écriture pour vous?

    L’écriture, pour moi, est intimement liée à la lecture. C’est parce que j’ai lu des chefs d’œuvre que j’ai eu envie d’écrire. Ce qui est inouï, avec l’écriture, c’est son effet buvard. Il est impossible de la circonvenir. Elle envahit tout : la vie devient la matière des romans. Si bien que, parfois, j’ai l’impression que je ne peux voir une scène, ou entendre un dialogue, sans songer à la façon dont je pourrais le transformer en texte.

    J'ai été "surprise" de ne pas trouver , un extrait de lettre ou même, une retranscription d'une lettre d'Irène et une réponse de P.Mermoz ou l'inverse, au moins une fois... Est-ce un choix? 

     Je ne voulais pas faire un roman épistolaire car cette forme excluait l’importance du rapport au corps et aussi le personnage de Lisa qui n’écrit jamais. Or c’est bien la tension entre le corps et l’esprit qui est au cœur du roman. Il y a quelques extraits de lettres d’Irène et de Mermoz, dans le chapitre 13 entre les pages 101 et 106. C’est le moment où la relation épistolaire devient une correspondance amoureuse. C’est très ténu, très délicat, ce glissement progressif. Mais c’est vrai qu’il y a peu de lettres. C’est la même chose dans Cyrano. On voit que l’écriture de Cyrano bouleverse littéralement Roxane, mais au fond, on ne sait jamais vraiment ce que disent ses lettres, à part quelques très courts extraits lus à voix haute… Quand je lis Cyrano, j’aime imaginer ce qu’il écrit, sans jamais le savoir. Dans mon roman, je laisse au lecteur la même liberté.

    Pour en apprendre encore un peu plus sur vous, quel est votre genre littéraire de prédilection? 

    Le roman, absolument. J’aime beaucoup la poésie naturellement, mais il y a tant de romans dont on peut dire qu’ils sont poétiques : Flaubert, Proust… Les grands romans sont aussi de la poésie. Et pour le mouvement littéraire : le romantisme.

    Quels sont vos auteurs préférés? 

     Les auteurs que je préfère sont Balzac, Chateaubriand, Flaubert. J’ai une admiration sans borne pour Hugo, l’écrivain et l’homme. Certains vers sont prodigieux, d’une force et d’une densité inouïe. Et pour le XXème siècle : Bernanos.

    Quel est le dernier livre que vous avez lu? Acheté? 

    Je suis en train de découvrir Colette que je ne connaissais pas du tout. Je lis La Vagabonde, qui est magnifique. Ce qui est formidable, avec la littérature, c’est qu’on n’a jamais fini d’être émerveillé.

    Quand écrivez-vous ? Avez-vous un « rituel d’écriture » ? 

    J’écris le matin de 8h à 12h. Mes fenêtres donnent sur la cour d’une école primaire, donc je me cale sur les sonneries, les récréations. Je n’ai aucun rituel, mais je bois beaucoup de café.

    Avez-vous rencontré des difficultés quand à l'écriture ou à la parution de ce roman?

    L’écriture a été très rapide, et jubilatoire, car c’est un roman que je portais en moi depuis longtemps. Je savais exactement où j’allais. Il a été plus long et plus difficile de trouver un éditeur. Ce fut une école de patience et de persévérance. 

    Qu’avez vous ressentis avant la sortie de votre roman ? Et après ?  

    J’avais tellement rêvé de voir mon manuscrit devenir un vrai roman, prendre cette forme concrète d’un livre que, lorsque je l’ai tenu entre mes mains, j’ai eu le sentiment d’un accomplissement, sans imaginer ce qu’il y aurait « après » : la publication, les critiques etc… La parution elle-même m’a semblé plus abstraite, plus nébuleuse : on sait que le livre est sorti, qu’il est en d’autres mains, mais on ne sait pas lesquelles, ni où. On se sent un peu dépossédé, comme, j’imagine, lorsque votre enfant quitte la maison. Et puis un jour, on trouve par hasard un commentaire, un article et c’est comme si cet enfant parti vous écrivait pour vous dire qu’il est bien arrivé, qu’il se porte bien. Votre critique, publiée sur votre blog, m’a particulièrement émue.

    Avez-vous des projets d'écriture en cours? 

     Je termine mon deuxième roman. 

    (Et nous n'en saurons pas plus là dessus malheureusement, mais je vais suivre de très près ses publications dorénavant.

    Avez vous prévu des séances de dédicaces ?  

     Je serai le 18 novembre au salon du premier roman de Draveil, puis le 25 à Rambouillet. Le 1er et 2 décembre à Paris, à la grande Chancellerie de la Légion d’Honneur.

    Zoom sur : Gwenaële Robert, auteure de Tu seras ma beauté

    Petit portrait chinois 

    Si vous étiez

    Un animal : Un hérisson

    Un objet : Un livre

    Un personnage masculin : Le colonel Chabert

    Un personnage féminin : Charlotte Brontë

    Une citation« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c’est la littérature. » de Proust  

    Un plat : La brioche façon pain perdu

    Un rêve Vivre de ma plume

    Une oeuvre d'art : Un tableau de Chagall

    Une chanson : Le vieux piano de la plage, de Trenet

    Un bruit   Le bruit des vagues à Saint Malo

     

     Encore merci pour ce temps, ce moment, ces mots.
    J'espère que Tu seras ma beauté aura le succès qu'il mérite et que vous publierez d'autres romans pour mon plus grand plaisir. 

     

    Zoom sur : Gwenaële Robert, auteure de Tu seras ma beauté

    Tu seras ma beauté, (lien de mon avis, en cliquant sur le titre ou la couverture) parût aux Editions Robert Laffont.

    Encore une fois, un livre que je vous recommande tous.


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